Quel montant de chômage touchez-vous après un licenciement économique ?

Quel est le montant du chômage après un licenciement économique ?

Après un licenciement économique, le montant de votre indemnisation dépend d’un choix clé : bénéficier de l’Allocation de Sécurisation Professionnelle (ASP) via le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), ou percevoir l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE), autrement dit le chômage classique. Avec le CSP et au moins un an d’ancienneté, vous pouvez toucher jusqu’à 75 % de votre salaire brut journalier. Sans CSP, l’ARE oscille entre 57 % et 75 % de votre salaire journalier de référence selon votre niveau de rémunération.

💼 L’essentiel à retenir

CSP = jusqu’à 75 % du brut dès le 1er jour, sans délai de carence
📋 Deux dispositifs possibles
CSP avec ASP ou ARE classique selon la taille de l’entreprise et votre ancienneté.
📊 Montant ARE calculé sur 24 mois
Le salaire journalier brut de référence sert de base, entre 29,26 € et 294,21 € par jour.
⏳ Durée selon l’âge
De 24 mois avant 53 ans jusqu’à 36 mois à partir de 55 ans pour l’ARE.
📅 Délai à respecter
21 jours pour accepter le CSP, 12 mois pour s’inscrire à France Travail.
⚠️ L’indemnité de licenciement versée par l’employeur est indépendante de l’allocation chômage : les deux se cumulent.
CritèreCSP + ASPARE classique
Entreprise éligibleMoins de 1 000 salariésToutes tailles
Montant (ancienneté ≥ 1 an)75 % du salaire journalier brut57 % à 75 % du SJR
Durée maximale12 mois (+ 3 mois possible)24 à 36 mois selon l’âge
Délai de carenceAucun7 jours

Licenciement économique et chômage : deux dispositifs coexistent

Face à un licenciement pour motif économique, deux voies d’indemnisation sont possibles. La première passe par le CSP, proposé obligatoirement par l’employeur si l’entreprise compte moins de 1 000 salariés. La seconde est l’ARE, versée par France Travail selon les règles classiques du chômage. Vous êtes libre d’accepter ou de refuser le CSP : un refus ne supprime pas vos droits à l’ARE.

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Le CSP vous permet-il de toucher plus que le chômage classique ?

La réponse est généralement oui, à condition d’avoir au moins un an d’ancienneté. Le Contrat de Sécurisation Professionnelle offre une allocation plus élevée, un démarrage immédiat sans délai de carence, et un accompagnement individualisé vers le retour à l’emploi. Voici comment le montant varie selon votre situation.

Montant de l’ASP avec une ancienneté d’au moins 1 an

Avec au moins un an d’ancienneté, l’ASP s’élève à 75 % de votre salaire journalier brut de référence, versée dès le premier jour du CSP. Ce taux dépasse systématiquement ce que l’ARE classique aurait produit pour un même salaire. Le versement dure jusqu’à 12 mois, prolongeables de 3 mois si vous effectuez une mission temporaire en entreprise pendant le CSP. Par ailleurs, l’ASP ne peut jamais être inférieure à l’ARE que vous auriez perçue en cas de refus : vous ne perdez rien en acceptant.

Montant de l’ASP avec une ancienneté inférieure à 1 an

Moins d’un an d’ancienneté signifie que l’ASP est calculée selon la même formule que l’ARE. Il n’y a pas d’avantage financier lié au choix du CSP, mais l’accompagnement personnalisé et l’accès aux formations restent entiers. La durée d’indemnisation correspond alors à celle de l’ARE à laquelle vous auriez eu droit.

Comment est calculé le montant de l’ARE ?

Que vous refusiez le CSP ou que votre entreprise dépasse les 1 000 salariés, c’est l’ARE qui s’applique. Son montant repose sur deux étapes de calcul successives, à partir de vos salaires bruts des deux dernières années.

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Le salaire journalier de référence (SJR)

La base de tout calcul est le salaire journalier de référence (SJR). Il s’obtient en divisant l’ensemble de vos rémunérations brutes des 24 derniers mois par le nombre de jours travaillés sur la même période, multiplié par 1,4. Les indemnités de licenciement, primes de rupture et indemnités exceptionnelles n’entrent pas dans ce calcul : elles constituent une somme séparée, versée par votre employeur, qui n’affecte pas votre allocation.

La formule de calcul de l’allocation

France Travail retient le montant le plus élevé entre les deux résultats suivants :

  • 40,4 % du SJR + 13,11 € par jour
  • 57 % du SJR

Votre allocation journalière est ensuite encadrée par un plancher de 29,26 € et un plafond de 294,21 €. En pratique, plus votre salaire est modeste, plus le taux effectif se rapproche de 75 % du SJR, grâce à la partie fixe de la première formule.

La durée d’indemnisation selon votre âge

La durée de versement de l’ARE varie selon l’âge au moment de la rupture du contrat :

  • Moins de 53 ans : jusqu’à 24 mois
  • De 53 à 54 ans : jusqu’à 30 mois
  • 55 ans et plus : jusqu’à 36 mois

Si votre allocation dépasse 92,41 € par jour et que vous avez moins de 57 ans, une réduction de 30 % s’applique à partir du 7e mois d’indemnisation. À la fin d’un CSP, si des droits ARE subsistent, ils peuvent être activés pour prolonger votre couverture.

Quel chômage pour un salaire de 2 000 € net ?

Prenons un exemple concret pour rendre le calcul lisible. Un salarié percevant 2 000 € net mensuel correspond à environ 2 564 € brut. Sur 24 mois, le salaire brut de référence atteint 61 536 €. En estimant 504 jours travaillés sur la période, le SJR s’établit à :

  • SJR = 61 536 ÷ (504 × 1,4) = 87,13 € par jour
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On compare ensuite les deux formules ARE :

  • 40,4 % × 87,13 + 13,11 = 48,31 €
  • 57 % × 87,13 = 49,66 €

France Travail retient 49,66 € par jour, soit environ 1 489 € par mois. Avec le CSP et une ancienneté d’au moins un an, l’ASP monte à 75 % du SJR, soit 65,35 € par jour, environ 1 960 € par mois. La différence mensuelle dépasse 470 €. Pour affiner ce résultat selon votre historique exact, le simulateur en ligne de France Travail reste la référence.

Quelles démarches pour percevoir vos allocations ?

Les démarches diffèrent selon le dispositif retenu, mais dans les deux cas, les délais sont stricts et doivent être respectés dès la notification du licenciement.

Si vous acceptez le CSP, remettez à votre employeur dans les 21 jours suivant la proposition les documents ci-dessous :

  • Le bulletin d’acceptation du CSP signé
  • Une copie de votre carte Vitale
  • Une copie de votre pièce d’identité
  • La demande d’allocation de sécurisation professionnelle

L’employeur transmet ensuite le dossier à France Travail, qui active le CSP. Sans réponse de votre part dans ce délai, le refus est automatique.

Si vous optez pour l’ARE ou n’êtes pas éligible au CSP, inscrivez-vous à France Travail dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat, avec votre attestation employeur, une pièce d’identité, un RIB et votre carte Vitale. Attention : un délai de carence de 7 jours s’applique avant le premier versement de l’ARE, ce qui n’est pas le cas avec l’ASP.

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Vincent Fortu

À 32 ans, j'ai claqué la porte après un énième refus de promotion. Cette frustration m'a mené à ma vraie mission : aider les professionnels à prendre leur carrière en main grâce à la formation. Aujourd'hui, j'accompagne ceux qui refusent de subir et veulent enfin progresser.

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