La loi ne fixe aucune durée minimale pour la période d’essai. En revanche, le Code du travail encadre strictement les durées maximales, qui varient selon le type de contrat et, pour le CDI, selon la catégorie professionnelle du salarié. Une période d’essai peut donc être très courte, voire inexistante si elle n’est pas prévue par écrit dans le contrat.
⚖️ L’essentiel à retenir
Durée minimale = aucune obligation légale / Durée maximale = fixée selon le contrat et le poste
📋 En CDI — 2 mois (employés), 3 mois (techniciens), 4 mois (cadres) au maximum
📄 En CDD et intérim — Durées proportionnelles ou fixes, non renouvelables
🔄 Renouvellement — Possible une seule fois en CDI, sous trois conditions cumulatives
✂️ Réduction possible — Stage, CDD, apprentissage ou intérim antérieurs peuvent réduire la durée
| Type de contrat | Durée maximale initiale | Avec renouvellement |
|---|---|---|
| CDI – Ouvriers et employés | 2 mois | 4 mois |
| CDI – Agents de maîtrise et techniciens | 3 mois | 6 mois |
| CDI – Cadres | 4 mois | 8 mois |
| CDD de 6 mois ou moins | 2 semaines maximum | Non renouvelable |
| CDD supérieur à 6 mois | 1 mois maximum | Non renouvelable |
| Intérim jusqu’à 1 mois | 2 jours | Non renouvelable |
| Intérim de 1 à 2 mois | 3 jours | Non renouvelable |
| Intérim de plus de 2 mois | 5 jours | Non renouvelable |
La période d’essai en CDI dépend-elle de la catégorie professionnelle ?
Oui, et c’est le premier élément à vérifier à la lecture de votre contrat. En contrat à durée indéterminée, la durée de la période d’essai n’est pas uniforme : elle varie directement selon la qualification du poste occupé, et non selon l’ancienneté ou le salaire.
Les durées initiales maximales selon la qualification
L’article L. 1221-19 du Code du travail fixe trois plafonds distincts selon la catégorie professionnelle :
- 2 mois pour les ouvriers et employés
- 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens
- 4 mois pour les cadres
Ces durées sont des maximums légaux : un contrat peut prévoir une durée plus courte, mais jamais plus longue. Aucune durée minimale n’est imposée par la loi, ce qui signifie qu’une période d’essai d’une semaine est parfaitement valable dès lors que les deux parties l’ont acceptée par écrit.
Les conventions collectives conclues après le 26 juin 2008 peuvent fixer des durées inférieures à ces plafonds légaux. Si votre secteur est couvert par un accord de branche, consultez-le : les durées prévues peuvent s’avérer plus courtes que celles du Code du travail.
Comment calculer concrètement la durée de la période d’essai ?
Le décompte s’effectue de manière calendaire, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation du 28 avril 2011. Cela signifie que tous les jours entrent dans le calcul sans distinction : week-ends, jours fériés et jours chômés sont comptabilisés au même titre que les jours travaillés.
La période commence le premier jour de travail effectif et ne peut pas être décalée dans le temps. Un exemple concret : une période de 2 mois débutant le 15 mars se termine le 14 mai à minuit.
Ce mode de calcul s’applique de façon identique pour un salarié à temps partiel et pour un salarié à temps plein. Il n’existe aucune proratisation selon le volume horaire de travail.
Les absences pour maladie ou congés ne suspendent pas le décompte : la période continue de courir pendant toute la durée de l’absence. Par ailleurs, le délai de prévenance à respecter en cas de rupture n’allonge pas la période d’essai. Si ce délai dépasse la date de fin prévue, l’employeur doit verser une indemnité compensatrice pour les jours excédentaires.
Quelles sont les durées applicables en CDD et en intérim ?
Les règles diffèrent selon que vous êtes en contrat à durée déterminée ou en mission d’intérim. Dans les deux cas, les durées sont nettement plus courtes qu’en CDI et le renouvellement est exclu.
Le calcul proportionnel en CDD
En CDD, la durée de la période d’essai est calculée à raison d’un jour par semaine de contrat, dans la limite de deux plafonds légaux :
- Pour un CDD de 6 mois ou moins : maximum 2 semaines (14 jours calendaires)
- Pour un CDD supérieur à 6 mois : maximum 1 mois
Par exemple, un CDD de 3 mois représente environ 12 semaines, soit une période d’essai maximale de 12 jours. Pour un CDD de 8 mois, le plafond d’un mois s’applique même si le calcul proportionnel conduirait à une durée supérieure. La période d’essai d’un CDD ne peut jamais être renouvelée, même avec l’accord conjoint des deux parties : il s’agit d’une interdiction absolue.
Les durées fixes en intérim
Pour les contrats de travail temporaire, les durées sont fixes et dépendent de la durée de la mission. En l’absence de convention collective applicable, les durées légales par défaut sont les suivantes :
| Durée de la mission | Période d’essai maximale |
|---|---|
| 1 mois ou moins | 2 jours calendaires |
| Entre 1 et 2 mois | 3 jours calendaires |
| Plus de 2 mois | 5 jours calendaires |
Si une convention collective de branche s’applique à votre secteur d’activité, ses dispositions priment sur ces durées légales par défaut et peuvent prévoir des délais différents.
Le renouvellement de la période d’essai est-il possible ?
En CDI, le renouvellement est envisageable, mais uniquement sous réserve que trois conditions soient réunies simultanément. Il ne peut intervenir qu’une seule fois, quelle que soit la durée initiale prévue.
- Un accord de branche étendu doit expressément autoriser cette possibilité
- La faculté de renouveler doit figurer dans le contrat de travail ou la lettre d’engagement dès la signature initiale
- Le salarié doit donner son accord exprès par écrit avant l’expiration de la période initiale
Depuis la réforme du 9 septembre 2023, les durées maximales renouvellement compris sont fixées de manière impérative par l’article L. 1221-21 du Code du travail : 4 mois pour les ouvriers et employés, 6 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 8 mois pour les cadres. Aucun accord de branche ne peut aller au-delà de ces plafonds.
Vous êtes libre de refuser le renouvellement sans que cela constitue une faute. L’employeur ne peut pas vous l’imposer, et votre refus ne peut entraîner aucune sanction. En cas de doute sur ce que prévoit votre convention collective, la réponse se trouve sur le site du ministère du Travail ou auprès de votre service RH.
Dans quels cas la période d’essai peut-elle être réduite ?
Votre parcours au sein de l’entreprise avant l’embauche peut permettre de raccourcir la durée de la période d’essai, voire de la supprimer entièrement.
Si vous avez effectué un stage de fin d’études dans la même structure et que vous êtes recruté dans les 3 mois suivant la fin de ce stage, la durée du stage vient en déduction. Lorsque les missions exercées correspondent directement au poste, la déduction est intégrale. Dans le cas contraire, elle est partielle.
D’autres situations permettent également une réduction :
- Un CDD dans la même entreprise sur les mêmes fonctions, transformé ensuite en CDI : la durée du CDD s’impute sur la période d’essai du CDI
- Un contrat d’apprentissage suivi d’une embauche dans la même entreprise sur le même poste
- Une mission d’intérim chez l’entreprise utilisatrice, en cas d’embauche à l’issue de la mission
La jurisprudence de 2025 a élargi ce principe aux anciens contrats conclus en tant qu’auto-entrepreneur : si une continuité fonctionnelle entre la prestation réalisée et le poste occupé peut être établie, une déduction reste envisageable. Ce cas s’apprécie toutefois au cas par cas.
Quelle que soit la situation, la période d’essai ne peut descendre en dessous de zéro. Si la déduction couvre l’intégralité de la durée prévue, la période d’essai est nulle et le salarié est considéré comme embauché définitivement dès le premier jour de prise de poste.






