Oui, votre salaire versé par l’employeur baisse pendant un mi-temps thérapeutique, puisqu’il est calculé au prorata des heures travaillées. Mais la CPAM verse en parallèle des indemnités journalières (IJSS) pour compenser cette perte, dans la limite de votre salaire habituel à temps plein. Certains salariés ne perdent rien grâce à leur convention collective, et les fonctionnaires conservent 100 % de leur traitement. Voici comment fonctionne concrètement votre rémunération pendant cette période.
💡 L’essentiel à retenir
Salaire réduit + IJSS = revenu total plafonné au niveau temps plein
💶 Salaire au prorata
L’employeur paie uniquement les heures effectuées.
🏥 IJSS compensatoires
La CPAM complète la perte, sous conditions d’arrêt préalable.
📋 Convention collective
Certaines branches maintiennent 100 % du salaire via un complément.
🕐 Durée limitée
Les IJSS sont versées au maximum sur 3 ans, prolongeable à 4 ans.
⚠️ Sans arrêt maladie préalable, les IJSS ne sont versées que pour les salariés en ALD, AT ou MP.
| Profil | Salaire employeur | IJSS CPAM | Revenu total |
|---|---|---|---|
| Salarié du privé (sans CCN favorable) | Au prorata des heures | Oui (si arrêt préalable) | Inférieur au temps plein |
| Salarié avec convention collective favorable | Au prorata + complément | Oui | Jusqu’à 100 % du salaire |
| Fonctionnaire | 100 % du traitement | Non applicable | 100 % maintenu |
| Salarié en ALD, AT ou MP | Au prorata des heures | Oui (même sans arrêt préalable) | Variable selon situation |
Comment est payé un salarié en mi-temps thérapeutique ?
Le temps partiel thérapeutique (TPT) est un aménagement temporaire du temps de travail, prescrit par votre médecin traitant. Contrairement à ce que son nom suggère, il ne se limite pas à un strict 50 % : la réduction peut être fixée à 60 %, 70 %, 80 %, voire 90 % selon vos besoins médicaux. Votre rémunération repose alors sur deux sources qui se cumulent.
Un salaire réduit au prorata des heures travaillées
L’employeur verse uniquement le salaire correspondant aux heures effectivement réalisées. Si vous touchez 2 000 € brut à temps plein et que vous reprenez à 50 %, votre bulletin de paie affichera 1 000 € brut côté employeur. Ce calcul est mécanique et ne se négocie pas.
Certains éléments variables comme les primes d’activité peuvent aussi être affectés selon leur mode de calcul. Il vaut mieux vérifier votre contrat ou en parler directement avec votre service RH pour éviter les mauvaises surprises sur votre fiche de paie.
Les indemnités journalières de la CPAM, le mécanisme de compensation
Les indemnités journalières de Sécurité Sociale (IJSS), versées par votre caisse primaire d’assurance maladie, viennent s’ajouter à votre salaire partiel pour limiter la perte de revenus. Une règle s’applique sans exception : salaire partiel + IJSS ne peut pas excéder votre salaire à temps plein d’origine. Si ce plafond est franchi, la CPAM réduit automatiquement le montant des indemnités.
Les IJSS ne sont versées que si votre reprise à temps réduit fait suite à un arrêt maladie indemnisé. Sans arrêt préalable, aucune indemnité n’est due, sauf si vous êtes reconnu en affection de longue durée (ALD), ou si vous êtes victime d’un accident du travail (AT) ou d’une maladie professionnelle (MP). Ces trois situations ouvrent le droit aux IJSS même sans arrêt de travail préalable.
Quel sera concrètement votre revenu total chaque mois ?
Pour estimer votre budget pendant le TPT, deux chiffres sont nécessaires : votre salaire partiel et le montant des indemnités journalières. Le calcul suit des règles précises, mais reste accessible.
Le calcul des indemnités journalières pas à pas
La CPAM base le calcul sur 50 % de votre salaire journalier de référence, lui-même établi sur la moyenne de vos trois derniers mois de salaire brut avant l’arrêt. Le montant obtenu est ensuite plafonné : en 2024, ce plafond journalier est fixé à environ 52,28 € nets.
Voici un exemple concret pour un salarié rémunéré 2 500 € brut par mois reprenant à 50 % :
| Élément | Calcul | Montant estimé |
|---|---|---|
| Salaire brut à temps plein | Référence | 2 500 € brut |
| Salaire brut à 50 % | 2 500 € x 50 % | 1 250 € brut |
| Salaire journalier de référence | 2 500 € / 30,42 | 82,18 € brut/jour |
| IJSS journalières | 82,18 € x 50 % | 41,09 € nets/jour |
| IJSS mensuelles estimées | 41,09 € x 30 | 1 233 € nets |
| Revenu total mensuel estimé | Salaire partiel + IJSS | 2 483 € (brut + net) |
Dans cet exemple, la perte reste contenue. Le résultat varie selon votre salaire de base, le pourcentage de réduction retenu et l’application éventuelle du plafond journalier.
Ce que prévoit votre convention collective
Certaines conventions collectives nationales (CCN) imposent un complément de salaire versé par l’employeur pour atteindre 100 % de la rémunération habituelle pendant le TPT. C’est le cas dans plusieurs branches comme la métallurgie, la banque ou la fonction publique hospitalière.
Pour savoir si vous y avez droit, interrogez votre service RH ou consultez votre CCN directement sur le site Légifrance. Même avec ce complément, le plafond reste la référence absolue : votre revenu total ne peut pas dépasser ce que vous perceviez à temps plein.
Combien de temps dure le mi-temps thérapeutique ?
Il n’existe pas de durée maximale légale pour le temps partiel thérapeutique lui-même. Votre médecin traitant prescrit des périodes renouvelables selon l’évolution de votre état de santé, et chaque renouvellement nécessite une nouvelle ordonnance. En revanche, la durée pendant laquelle la CPAM verse des indemnités est encadrée.
- Limite standard : 360 jours d’IJSS sur une période de 3 ans glissants
- Prolongation exceptionnelle : jusqu’à 4 ans au total, sur décision du médecin-conseil de la CPAM
- Cas particuliers : en ALD, accident du travail ou maladie professionnelle, la durée d’indemnisation dépasse ces limites habituelles
Passé ce délai, le TPT peut se poursuivre contractuellement, mais sans compensation de la Sécurité Sociale. La perte financière devient alors réelle et durable.
Quelles démarches pour mettre en place le mi-temps thérapeutique ?
Quatre étapes sont nécessaires pour mettre en place le dispositif. Chacune implique un acteur différent, et certains délais sont à respecter pour ne pas perdre de droits.
- Étape 1, médecin traitant : il prescrit le TPT en précisant le pourcentage d’activité et la durée. Vous avez 48 heures pour transmettre les volets 1 et 2 à la CPAM et le volet 3 à votre employeur.
- Étape 2, employeur : son accord est obligatoire. Vous négociez ensemble les horaires, puis signez un avenant au contrat de travail. Toute heure supplémentaire est interdite pendant la durée du TPT.
- Étape 3, médecin du travail : une visite médicale de reprise est obligatoire si votre arrêt dépasse 30 jours. Il statue sur votre aptitude, avec ou sans aménagement du poste.
- Étape 4, CPAM : le médecin-conseil valide vos droits aux IJSS. Prévoyez un délai de paiement de plusieurs semaines avant le premier versement.
Votre employeur ne peut opposer un refus que s’il justifie d’une désorganisation grave et avérée de l’entreprise. Sans motif sérieux, ce refus l’expose à un recours devant le conseil de prud’hommes.






