Quelle est la réglementation des heures supplémentaires ?

réglementation heures supplémentaires 2026

La réglementation des heures supplémentaires repose sur le Code du travail, qui fixe le seuil de déclenchement à 35 heures hebdomadaires, les taux de majoration, le contingent annuel autorisé et le régime fiscal et social associé. Deux évolutions récentes modifient les règles que vous appliquez au quotidien : l’extension de la déduction forfaitaire patronale à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et un revirement jurisprudentiel sur les congés payés. Voici l’état du droit applicable.

📌 Ce qu’il faut retenir

Heures sup = au-delà de 35h/semaine, majorées à 25 % puis 50 %, exonérées d’IR jusqu’à 7 500 € nets/an
⚖️
Contingent légal
220 heures par an et par salarié, modifiable par accord collectif
💰
Avantage salarié
Exonération IR + réduction de cotisations jusqu’à 11,31 %
🏢
Nouveauté employeurs
Déduction forfaitaire étendue à toutes les entreprises depuis le 1er janvier
À surveiller : La suppression du plafond de 7 500 € a été adoptée par l’Assemblée nationale mais n’est pas encore définitivement confirmée. Ne l’anticipez pas dans vos pratiques de paie.

Qui peut effectuer des heures supplémentaires ?

La quasi-totalité des salariés à temps plein sont concernés, quelle que soit la nature de leur contrat. Sont éligibles les salariés en CDI, en CDD, les apprentis, les salariés en contrat de professionnalisation, les cadres non dirigeants (Cass. Soc. 3 nov. 2011, n°09-71075), ainsi que les agents du secteur public.

Deux catégories restent exclues du dispositif :

  • Les cadres dirigeants, qui ne sont soumis à aucune réglementation sur la durée du travail
  • Les salariés en forfait annuel en jours, dont le temps de travail ne se décompte pas en heures

Autre point à connaître : aucun accord écrit du salarié n’est requis. Dès lors que vous avez connaissance des heures effectuées et que vous ne les contestez pas, l’obligation de les rémunérer s’applique, même sans demande expresse.

Comment se déclenchent les heures supplémentaires ?

Constitue une heure supplémentaire toute heure de travail effectif réalisée au-delà de 35 heures par semaine, conformément à l’article L3121-28 du Code du travail. Le décompte s’effectue sur la semaine civile, du lundi 0h au dimanche 24h. Un accord d’entreprise peut fixer une autre période de 7 jours consécutifs, à condition de le formaliser.

A LIRE :  Comment accéder à mon compte CACENTREST ?

Quatre plafonds encadrent le recours aux heures supplémentaires :

  • 10 heures de travail effectif maximum par jour
  • 48 heures par semaine
  • 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives
  • 11 heures de repos quotidien consécutives obligatoires

Le délai de prévenance recommandé par le ministère du Travail est de 7 jours ouvrés. En deçà, le salarié dispose d’un motif légitime pour refuser.

Un point de vigilance s’impose depuis le 10 septembre et les arrêts de la Cour de cassation n°23-14.455 et n°23-14.457 : les congés payés sont désormais assimilés à du temps de travail effectif pour le décompte des heures supplémentaires, pour les salariés en décompte hebdomadaire. Concrètement, 36 heures travaillées dans une semaine incluant 1 jour de congé (7h) représentent 43 heures au total, soit 8 heures supplémentaires déclenchées. Une loi DDADUE est attendue pour mettre le droit français en conformité, et la question des RTT et jours fériés reste ouverte.

Comment calculer la majoration des heures supplémentaires ?

Le calcul repose sur deux étapes distinctes : identifier la bonne base de rémunération, puis appliquer les taux légaux correspondants.

La base de rémunération retenue pour le calcul

La base ne se limite pas au salaire brut. Elle intègre les éléments directement liés à l’exécution du travail :

  • Le salaire de base
  • Les avantages en nature
  • Les primes liées à l’exécution du travail : prime de risque, prime de froid, prime de production individuelle

Les éléments suivants sont en revanche exclus de la base de calcul :

  • Les primes d’ancienneté
  • Les remboursements de frais professionnels

Le taux horaire s’obtient en divisant le salaire mensuel de référence par 151,67, soit le nombre moyen d’heures mensuelles pour un temps plein à 35h.

Le calcul pas à pas avec exemple chiffré

Les taux légaux sont de 25 % pour les heures 36 à 43, et de 50 % à partir de la 44e heure. Un accord collectif peut les modifier, mais ne peut pas descendre sous le plancher légal absolu de 10 % prévu par l’article L3121-33 du Code du travail.

A LIRE :  Qu'est-ce que le CSE Manpower et quels avantages offre-t-il ?

Exemple concret : un salarié avec une base de 2 100 € (2 000 € de salaire + 100 € de prime de froid, hors 100 € de prime d’ancienneté non retenue), ayant travaillé 45 heures dans la semaine :

HeuresTauxCalculMontant
8h (36e à 43e)125 %(2 100 / 151,67) × 1,25 × 8138,46 €
2h (44e et 45e)150 %(2 100 / 151,67) × 1,50 × 241,54 €
Total  180 €

Ces majorations se cumulent avec celles du travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés. Le paiement n’est par ailleurs pas l’unique option : les heures peuvent être compensées par un repos compensateur de remplacement (RCR), à condition qu’un accord d’entreprise ou de branche le prévoie.

Quel est le contingent annuel et que se passe-t-il au-delà ?

Le contingent annuel légal s’établit à 220 heures par salarié. Il peut être revu à la hausse ou à la baisse par accord d’entreprise, d’établissement ou de branche. Trois catégories d’heures n’entrent pas dans ce compteur :

  • Les heures intégralement compensées par un repos compensateur de remplacement
  • Les heures effectuées pour des travaux urgents : sauvetage, prévention d’accident, réparations
  • Les heures résultant d’une absence assimilée à du temps effectif comme les congés pour événements familiaux ou les heures de délégation

Dès que le contingent est atteint, deux obligations entrent en jeu. La consultation préalable du CSE devient obligatoire avant toute nouvelle heure supplémentaire. Chaque salarié acquiert également une contrepartie obligatoire en repos (COR) : ce droit se déclenche dès 7 heures accumulées, doit être utilisé dans un délai de 2 mois et peut être pris par journée ou demi-journée.

Sur le bulletin de paie, les heures supplémentaires doivent apparaître distinctement, par taux de majoration. Les réductions de cotisations patronales et salariales doivent également y figurer. En cas de mensualisation des heures structurelles, le nombre d’heures incluses doit faire l’objet d’une mention expresse.

A LIRE :  Comment joindre Lastminute par téléphone ?

Quel régime fiscal et social s’applique aux heures supplémentaires ?

Les heures supplémentaires bénéficient d’un régime dérogatoire avantageux, à la fois pour le salarié et pour l’employeur. Les deux dispositifs s’appliquent de façon indépendante.

Les avantages pour le salarié

La rémunération des heures supplémentaires est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets par an (soit 8 037 € brut). L’exonération s’applique automatiquement sur le bulletin de paie et se déclare en case 1GH. Elle couvre aussi les heures complémentaires des salariés à temps partiel et les jours de repos monétisés en forfait annuel en jours.

Un amendement adopté par l’Assemblée nationale prévoit la suppression de ce plafond, ce qui ouvrirait la voie à une défiscalisation totale. Ce texte n’est pas encore définitivement confirmé : il convient de ne pas l’anticiper dans vos bulletins de paie.

Sur le plan social, le salarié bénéficie d’une réduction de cotisations portant sur l’assurance vieillesse et l’AGIRC-ARRCO, à hauteur de 11,31 % maximum appliqué sur la rémunération des heures supplémentaires majorations incluses.

Les avantages pour l’employeur

L’employeur dispose d’une déduction forfaitaire de cotisations patronales par heure supplémentaire effectuée :

  • 1,50 € par heure pour les entreprises de moins de 20 salariés
  • 0,50 € par heure pour les entreprises de 20 salariés et plus

La nouveauté portée par le PLFSS, article 21, adopté le 16 décembre : ce dispositif est désormais étendu aux entreprises de 250 salariés et plus, qui en étaient jusqu’ici exclues. Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, bénéficient donc d’au moins 0,50 € de déduction par heure supplémentaire. La mesure s’applique également aux jours de repos monétisés dans le cadre de forfaits annuels.

Image de Vincent Fortu
Vincent Fortu

À 32 ans, j'ai claqué la porte après un énième refus de promotion. Cette frustration m'a mené à ma vraie mission : aider les professionnels à prendre leur carrière en main grâce à la formation. Aujourd'hui, j'accompagne ceux qui refusent de subir et veulent enfin progresser.

Ces articles peuvent vous intéresser