Vous vous demandez combien touche réellement un maire en France ? Le salaire d’un maire oscille entre 1 048 € et 7 912 € brut mensuel selon la population de sa commune. Ces indemnités de fonction sont calculées sur l’indice brut terminal 1027 de la fonction publique, soit 4 085,91 €. Les montants ont été revalorisés de 1,5% en juillet 2023, avec des augmentations importantes pour les petites communes depuis 2019.
| Population communale | Indemnité brute mensuelle | % IBT 1027 |
|---|---|---|
| Moins de 500 habitants | 1 048,18 € | 25,5% |
| 500 à 999 habitants | 1 656,54 € | 40,3% |
| 1 000 à 3 499 habitants | 2 121,03 € | 51,6% |
| 3 500 à 9 999 habitants | 2 260,79 € | 55% |
| 10 000 à 19 999 habitants | 2 671,84 € | 65% |
| 20 000 à 49 999 habitants | 3 699,47 € | 90% |
| 50 000 à 99 999 habitants | 4 521,58 € | 110% |
| 100 000 habitants et plus | 5 960,26 € | 145% |
| Paris | 7 912,76 € | Statut particulier |
📋 L’essentiel à retenir
- Les indemnités sont fixées automatiquement au taux plafond depuis 2016
- Le conseil municipal dispose de 3 mois pour voter la délibération obligatoire
- Des majorations jusqu’à 50% existent pour certaines communes touristiques
- Un plafond global de 9 015 € encadre strictement le cumul des mandats
- La population authentifiée avant le dernier renouvellement détermine le barème
Comment sont calculées les indemnités des maires ?
Le calcul des indemnités repose sur un système de pourcentages appliqués à l’indice brut terminal 1027 de la fonction publique. Cet indice de référence, fixé à 4 085,91 € brut mensuel en 2024, sert de base à toutes les rémunérations des élus locaux.
Depuis 2016, une simplification administrative a été mise en place. Les indemnités sont désormais fixées automatiquement au taux plafond pour éviter les procédures complexes. Seules les communes de plus de 1 000 habitants conservent la possibilité de demander un taux inférieur, uniquement sur demande explicite du maire.
La population prise en compte pour déterminer la tranche correspond à celle authentifiée avant le dernier renouvellement du conseil municipal. Cette règle évite les variations en cours de mandat. Le conseil municipal doit voter une délibération obligatoire dans les trois mois suivant son installation, accompagnée d’un tableau nominatif récapitulatif des indemnités attribuées à chaque élu.
Quelles majorations peuvent s’appliquer aux indemnités ?
Au delà des barèmes de base, certaines communes peuvent bénéficier de majorations d’indemnités liées à leur statut particulier ou à leur activité économique spécifique. Ces bonifications viennent compléter la rémunération de base selon des critères précis.
Majorations selon le statut administratif
Les communes ayant un rôle administratif territorial peuvent appliquer des majorations proportionnelles à leur importance :
- Chefs-lieux de département : majoration de 25% sur l’indemnité de base
- Chefs-lieux d’arrondissement : majoration de 20%
- Chefs-lieux de canton : majoration de 15%
Majorations selon l’activité économique
Les communes à vocation économique particulière bénéficient de bonifications variables :
- Communes touristiques ou thermales : de 25% à 50% selon les critères d’activité
- Communes bénéficiaires de la DSU : barème spécifique selon l’indice de développement social urbain
- Paris : traitement particulier avec 7 912,76 € sans calcul de pourcentage
Quel impact de la revalorisation 2019 sur les petites communes ?
La loi du 27 décembre 2019 a profondément transformé la rémunération des maires des petites communes. Cette réforme historique visait à reconnaître l’engagement croissant des élus locaux et à rendre plus attractifs les mandats dans les territoires ruraux, où le recrutement devient difficile.
Les augmentations ont été particulièrement substantielles pour les communes de moins de 3 500 habitants. Les communes de moins de 500 habitants ont vu leur indemnité bondir de 50%, passant de 698 € à 1 048 €. Les communes de 500 à 999 habitants ont bénéficié d’une hausse de 30%, tandis que celles de 1 000 à 3 499 habitants ont obtenu une revalorisation de 20%.
Cette revalorisation a directement impacté plus de 32 000 communes françaises, représentant l’immense majorité des municipalités du territoire. L’objectif poursuivi était double : compenser équitablement le temps considérable consacré au mandat électif et faciliter le renouvellement des équipes municipales face aux défis démographiques ruraux.
Combien gagnent les adjoints et conseillers municipaux ?
Le système de rémunération s’étend naturellement aux autres élus municipaux, qui perçoivent des indemnités calculées selon la même référence IBT 1027, mais avec des pourcentages adaptés à leurs responsabilités respectives.
Barème des adjoints au maire 2024
Les indemnités des adjoints suivent une progression proportionnelle à la taille de la commune, mais représentent une fraction de la rémunération mayoral :
- Communes de moins de 500 habitants : 406,94 €
- Communes de 500 à 999 habitants : 439,83 €
- Communes de 1 000 à 3 499 habitants : 813,88 €
- Communes de 3 500 à 9 999 habitants : 904,32 €
- Communes de 10 000 à 19 999 habitants : 1 130,39 €
- Communes de 20 000 à 49 999 habitants : 1 356,47 €
- Communes de 50 000 à 99 999 habitants : 1 808,63 €
- Communes de 100 000 habitants et plus : 2 712,95 €
Indemnités des conseillers municipaux
Pour les conseillers municipaux, la logique diffère selon la taille communale. Les communes de plus de 100 000 habitants peuvent attribuer jusqu’à 6% de l’IBT 1027, soit environ 245 €. Les communes plus modestes fonctionnent dans le cadre d’une enveloppe globale, avec possibilité de délégation de fonction spécifique justifiant une indemnité particulière.
Comment se situent les maires par rapport aux autres élus ?
Pour replacer la rémunération des maires dans le contexte politique français, il convient de comparer avec les autres niveaux de responsabilité élective. Cette hiérarchie révèle la position intermédiaire des édiles municipaux.
La hiérarchie des indemnités des élus en 2024 s’établit comme suit : le Président de la République perçoit 16 039 €, les ministres touchent 10 692 €, les députés et sénateurs reçoivent 7 637,39 €. Les maires des grandes villes de plus de 100 000 habitants atteignent 5 960,26 €.
Plus bas dans l’échelle, les présidents d’intercommunalités perçoivent entre 524 € et 5 960 € selon la taille de leur structure, tandis que les conseillers départementaux et régionaux touchent entre 1 644 € et 2 877 €. Cette comparaison montre que les maires se positionnent entre les élus nationaux et les représentants territoriaux de niveau intermédiaire.
Quelles sont les règles de cumul et pratiques réelles ?
La réalité du terrain révèle des pratiques variées concernant la gestion des indemnités de fonction. Le cadre légal encadre strictement les possibilités de cumul depuis la loi de 2011, qui a instauré un plafond pour éviter les dérives.
Concrètement, 40,1% des maires exercent une activité professionnelle parallèle et cumulent les revenus correspondants. Ce cumul demeure strictement encadré, avec un plafond global fixé à 9 015 € mensuels pour l’ensemble des mandats électifs exercés simultanément.
Les comportements des élus révèlent un rapport particulier à leur rémunération. Ainsi, 35% des maires renoncent volontairement à une partie de leur indemnité, considérant qu’elle excède leurs besoins ou par souci d’exemplarité. Parallèlement, 87% ne se font pas rembourser leurs frais de fonction, assumant personnellement les coûts liés à leur mandat.
Sur le plan social, ces indemnités restent compatibles avec les allocations chômage en cas de perte d’emploi. Elles sont également maintenues intégralement en cas d’arrêt maladie ou de congé maternité, garantissant une continuité financière aux élus confrontés à ces situations.






