En 2025, les Français atteignent un taux d’épargne record de 18,8 %, le plus élevé depuis 1979 hors période Covid. Un ménage français épargne en moyenne 7 306 € par an, soit environ 609 € par mois. Mais derrière ces chiffres nationaux se cachent des réalités très différentes selon l’âge. Un jeune de 25 ans met de côté 150 € mensuellement, tandis qu’un quinquagénaire peut épargner jusqu’à 491 €. Le patrimoine net médian évolue tout aussi spectaculairement, passant de 15 800 € avant 30 ans à plus de 214 300 € après 60 ans.
| Tranche d’âge | Épargne mensuelle | Épargne annuelle | Patrimoine net médian | Taux d’épargne |
|---|---|---|---|---|
| 18 à 24 ans | 80 € | 960 € | 3 000 € | — |
| 25 à 29 ans | 150 € | 1 800 € | 5 500 € | 8 % |
| 30 à 39 ans | 250 € | 2 924 € | 49 400 € | 11 % |
| 40 à 49 ans | 300 € | 3 239 € | 178 500 € | 11 % |
| 50 à 59 ans | 491 € | 5 893 € | 204 200 € | 18 % |
| 60 à 69 ans | 495 € | 5 935 € | 214 300 € | 18 % |
| 70 ans et plus | 721 € | 8 657 € | 209 900 € | 25 % |
📋 L’essentiel à retenir
- Les quinquagénaires atteignent le pic de capacité d’épargne avec 18 % de leur revenu mis de côté chaque mois.
- La médiane patrimoniale (14 000 €) est deux fois inférieure à la moyenne (27 000 €), révélant de fortes inégalités.
- Les 20 % des ménages les plus aisés épargnent 1 328 € mensuels, contre seulement 30 à 50 € pour les 20 % les plus modestes.
- 73 % des Français mettent de l’argent de côté régulièrement, avec un Livret A détenu par 82 % de la population.
- Les experts recommandent d’épargner un an de salaire à 30 ans, trois ans à 40 ans et six ans à 50 ans.
Combien les Français mettent de côté chaque mois selon leur tranche d’âge
Les sommes mises de côté varient du simple au décuple selon les générations. Cette évolution reflète à la fois la progression des revenus, les priorités de vie et la capacité à mettre de l’argent de côté.
Les 18 à 39 ans : constitution et premiers projets
Les jeunes adultes de 18 à 24 ans mettent en moyenne 80 € par mois de côté, avec un patrimoine total de 3 000 €. Leurs salaires d’entrée modestes et les dépenses d’installation expliquent cette faible capacité. Entre 25 et 29 ans, cette somme double pour atteindre 150 € mensuels, portant le patrimoine moyen à 5 500 €. C’est la phase de constitution du filet de sécurité financier, principalement via le Livret A. Les experts recommandent entre 3 000 et 6 000 € de côté, soit l’équivalent de trois mois de dépenses.
Les trentenaires parviennent à mettre de côté 250 € par mois, soit 2 924 € par an. Leur patrimoine net médian s’élève à 49 400 €, une multiplication par 3,1 par rapport à leurs vingt ans. Avec un revenu médian de 26 580 €, leur capacité à épargner atteint 11 %. Cette tranche d’âge bénéficie de l’éducation financière croissante et de la digitalisation des outils bancaires. C’est l’âge des projets structurants : achat immobilier, mariage, enfants. Les supports privilégiés évoluent vers le PEL, l’assurance vie et les ETF.
Les 40 à 59 ans : pic de capacité d’épargne
Les quadragénaires mettent de côté 300 € mensuels, soit 3 239 € annuels. Leur patrimoine net médian bondit à 178 500 €, soit 3,6 fois plus qu’à trente ans. Cette progression s’explique par l’accession à la propriété et la stabilité professionnelle. Leur capacité à mettre de l’argent de côté reste stable à 11 % du revenu.
Les disparités se creusent fortement à cette période selon la situation professionnelle, la composition familiale et le statut de propriété. Les priorités évoluent vers la préparation de la retraite (PER), l’accumulation patrimoniale et l’investissement immobilier locatif.
Les quinquagénaires atteignent le pic avec 491 € mensuels, soit 5 893 € annuels. Leur capacité d’épargne culmine à 18 %, le plus élevé de toutes les tranches d’âge. Avec un patrimoine net médian de 204 200 € et un revenu médian de 28 010 €, cette génération profite de revenus stables, d’enfants souvent indépendants et de prêts immobiliers en cours de remboursement. Ils diversifient leurs placements vers les SCPI, l’assurance vie multisupport et les produits de capitalisation.
Les 60 ans et plus : sécurisation du patrimoine
Les 60 à 69 ans maintiennent une épargne mensuelle élevée de 495 €, soit 5 935 € annuels. Leur patrimoine net médian atteint son maximum absolu à 214 300 €. Ce pic s’observe généralement entre 60 et 65 ans, avant le passage à la retraite. Leur capacité à mettre de côté reste à 18 %, malgré un revenu médian en léger recul à 26 200 €.
Cette génération est idéalement propriétaire sans dette, avec un logement acquis. La priorité devient la sécurisation du capital via des fonds euros, des SCPI ou des rentes viagères.
Après 70 ans, les sommes mises de côté atteignent paradoxalement 721 €, avec un taux record de 25 %. Le patrimoine net amorce une légère baisse à 209 900 €, due aux transmissions anticipées et aux décès de conjoint. C’est la phase de désépargne progressive, où le capital sert à financer le quotidien et les besoins de santé. L’écart entre générations est frappant : la somme mise de côté à 60 ans représente dix fois celle d’un jeune de 25 ans.
Médiane ou moyenne, quel chiffre retenir pour vous situer
Comprendre la différence entre médiane et moyenne est indispensable pour vous situer correctement. Ces deux indicateurs racontent des histoires très différentes sur les finances des Français.
Pourquoi la médiane reflète mieux la réalité
La médiane du patrimoine s’élève à 14 000 €, tandis que la moyenne atteint 27 000 €, soit près du double. Cette différence révèle que 50 % des foyers français détiennent moins de 14 000 € de patrimoine. La médiane sépare la population en deux parts égales, tandis que la moyenne additionne tous les montants et divise par le nombre de personnes, ce qui la tire fortement vers le haut.
L’exemple du Livret A illustre parfaitement ce biais. L’encours moyen par détenteur est de 7 077 €, mais la médiane se situe entre 1 500 et 2 000 €. Pourquoi ? Parce que 13 % des Livrets A sont au plafond (22 950 € ou plus), et ces 13 % représentent à eux seuls 43 % de l’encours total. Autre illustration : 48 % des détenteurs ont moins de 1 500 € sur leur Livret A.
Pour le patrimoine global, l’écart est encore plus marqué : patrimoine médian de 124 000 € contre patrimoine moyen de 278 000 €. Cette différence de 154 000 € s’explique par l’impact des 10 % les mieux dotés, dont le patrimoine net dépasse 1 366 300 €. Si vous avez moins que la moyenne annoncée, vous êtes probablement dans la norme réelle.
Les écarts patrimoniaux selon les générations
Les écarts entre moyenne et médiane varient fortement selon l’âge, reflétant des inégalités croissantes. Avant 30 ans, le patrimoine brut médian est de 17 300 €, avec un patrimoine net moyen de 38 500 €. L’écart reste modéré, car les jeunes actifs ont eu peu de temps pour accumuler.
À 30 ou 39 ans, le patrimoine net médian bondit à 49 400 €, tandis que la moyenne atteint 129 200 €. L’écart se creuse avec l’accession à la propriété, réservée aux ménages les plus aisés. À 40 ou 49 ans, le patrimoine net médian atteint 178 500 €, avec une moyenne de 219 900 €. L’écart se stabilise relativement, mais les disparités selon la catégorie socioprofessionnelle, la situation familiale et l’héritage s’accentuent.
À 50 ou 59 ans, le patrimoine net médian culmine à 204 200 €, avec une moyenne de 299 700 €. C’est l’âge où les inégalités patrimoniales sont les plus visibles : certains possèdent plusieurs biens immobiliers et placements diversifiés, d’autres achèvent péniblement leur résidence principale. Les 10 % les mieux dotés possèdent au minimum 607 700 € brut ou 549 600 € net, un seuil qui augmente avec l’âge.
Qui met le plus de côté et qui met le moins
Les capacités à mettre de l’argent de côté varient considérablement selon les profils socio-économiques, avec un rapport de 1 à 12 entre les plus modestes et les plus aisés.
Par niveau de revenus, les 20 % les moins fortunés mettent entre 30 et 50 € par mois de côté, soit 357 € par an, représentant 3 % de leurs revenus. À l’inverse, les 20 % les plus aisés mettent 1 328 € mensuels de côté, soit 15 931 € annuels, avec un taux de 28 %. Les 10 % les mieux dotés possèdent un patrimoine net de 1 366 300 €.
Par catégorie socioprofessionnelle, le taux le plus élevé (35 %) concerne les indépendants, professions libérales et retraités agriculteurs. À l’opposé, les retraités des professions intermédiaires affichent le taux le plus faible (10 %), contraints par des pensions modestes et des dépenses de santé croissantes. Globalement, la capacité à mettre de l’argent de côté est proportionnelle aux revenus.
Les profils favorables sont les couples sans enfants, les personnes ayant un niveau d’études supérieur, les propriétaires sans dette et les cadres. Les profils défavorables incluent les familles monoparentales, les jeunes actifs en début de carrière, les locataires et les ouvriers.
Par région, l’Île de France domine avec 61 064 € de patrimoine annuel moyen, grâce à des salaires élevés malgré un coût de la vie important. Suivent la Nouvelle Aquitaine (51 701 €), PACA (50 835 €), la Bretagne (50 724 €) et les Pays de la Loire (48 453 €). À l’inverse, le Centre Val de Loire affiche le montant annuel le plus faible (30 060 €). Ces écarts s’expliquent par les niveaux de salaires, le coût du logement et les opportunités professionnelles. Par genre, les hommes mettent plus souvent et davantage de côté que les femmes, en raison d’écarts de revenus persistants.
Combien devriez vous avoir mis de côté selon votre âge
Les experts financiers proposent des repères pour évaluer si vous êtes sur la bonne voie. Ces chiffres sont des objectifs à adapter selon votre situation personnelle, pas des obligations qui devraient vous culpabiliser.
Les repères recommandés par tranche d’âge
La formule Kimmie Greene, planificatrice financière américaine, propose des repères simples. À 30 ans, vous devriez avoir mis de côté un an de salaire annuel. À 40 ans, trois ans de salaire. À 50 ans, six ans de salaire. À 60 ans, huit à dix ans de salaire pour une préparation optimale de la retraite.
Les recommandations Fidelity suivent la même logique : 1× votre salaire à 30 ans, 3× à 40 ans, 6× à 50 ans, 8× à 60 ans et 10× à 67 ans. Concrètement, cela donne les repères suivants :
- À 25 ans : visez entre 3 000 et 6 000 € de filet de sécurité financier
- À 30 ans : un an de salaire (exemple : 25 000 à 30 000 €)
- À 40 ans : trois ans de salaire (75 000 à 90 000 €)
- À 50 ans : six ans de salaire (150 000 à 180 000 €)
- À 60 ans : huit ans de salaire (200 000 à 240 000 €)
Ces montants incluent le patrimoine liquide, les placements financiers et idéalement une partie du patrimoine immobilier. Quel que soit votre âge, vous devriez disposer de trois à six mois de dépenses courantes sur un support liquide comme le Livret A ou le LDDS, soit entre 3 000 et 12 000 € selon votre train de vie. Cette réserve permet de faire face aux imprévus sans toucher à vos investissements long terme. Si vous êtes en dessous de ces seuils, vous n’êtes pas seul : la médiane montre que la majorité des Français ont des montants inférieurs aux moyennes.
Les trois types de réserves financières à construire
Pour construire un patrimoine équilibré, distinguez trois types de réserves financières, chacun ayant un objectif et un support spécifique.
Le filet de sécurité financier est votre protection pour les imprévus du quotidien. Il doit être totalement liquide et disponible, sans risque de perte en capital. Visez trois à six mois de dépenses (5 000 à 10 000 € en moyenne) sur un Livret A, un LDDS ou un Livret Jeune. À constituer en priorité absolue, quel que soit votre âge.
Le capital projet finance vos projets à moyen terme (deux à dix ans) : achat immobilier, travaux, mariage, véhicule, études des enfants. Le capital doit être sécurisé avec un rendement modéré via un PEL, une assurance vie en fonds euros, des comptes à terme ou un LEP si vous êtes éligible. À développer à partir de 30 ans, une fois le filet de sécurité constitué.
La réserve pour la retraite vise à compléter votre pension et maintenir votre niveau de vie après 60 ou 65 ans. Elle se construit sur le très long terme (vingt à quarante ans) et peut accepter plus de risque pour maximiser le rendement. Privilégiez le PER, l’assurance vie multisupport, les SCPI, l’immobilier locatif ou le PEA avec ETF. À lancer dès 35 ou 40 ans pour bénéficier de l’effet cumulatif et des avantages fiscaux.
La règle 50/30/20 aide à répartir vos revenus mensuels de façon équilibrée : 50 % pour les besoins essentiels (logement, alimentation, transports, charges), 30 % pour les loisirs et plaisirs (sorties, vacances, hobbies), 20 % pour mettre de l’argent de côté. Cette règle s’adapte selon vos revenus. Avec un salaire modeste (1 800 €), viser 10 ou 15 % est déjà excellent. Avec des revenus confortables (3 500 € et plus), vous pouvez dépasser 20 ou 25 %.






